Camion
et Ferroutage
Les
marchandises peuvent être transportées par le rail de différentes manières :
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Wagon spécialisé :citerne, frigorifique
-
Transport combiné : transfert d’un container d’un camion sur un train
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Ferroutage : le camion entier est mis sur le wagon
En
France le ferroutage est encore au stade des essais. Il comporte des handicaps
techniques très sérieux :
Pour
le transport d’un semi remorque de 42 tonnes, la charge utile est de 30 tonnes,
le poids mort le tracteur de 12 tonnes. Le coût de traction est donc aggravé.
Pour
soumettre le convoi aux exigences du gabarit (tunnels, ponts) le wagon doit être
surbaissé : les roues sont plus petites, elles tournent donc plus vite à
vitesse égale et les boîtes d’essieux chauffent davantage. Pour minorer
l’usure il faut par conséquent diminuer la vitesse.
La
Suisse pratique ce genre de transport pour protéger ses vallées en
contingentant le nombre de camions et en obligeant les autres à user du
ferroutage. Mais cette option s’accomplit au prix de subventions, de
limitations techniques et dans le futur, d’investissements énormes.
En
France le transport combiné s’est développé depuis plusieurs dizaines
d’années, mais il y a des obstacles. La SNCF a dû effectuer de lourds
travaux pour augmenter le gabarit des tunnels( en abaissant les voies) et en
n’augmentant pas trop les temps du transport.
En
outre les destinataires des containers n’ont pas forcément une voie de
desserte. Il faut donc les transférer sur des camions d’où moyens de
manutention et perte de temps.
Dans
les conditions actuelles le transport par rail d’un container sur moins de 100
km ne peut pas concurrencer la route.
Le
temps de transport ferroviaire devient prépondérant par rapport à son coût
car c’est le temps d’immobilisation d’un capital. La souplesse
l’efficacité du transport par camion rendent celui-ci plus compétitif que le
train même sur de longues distances. D’autant que les sociétés de transport
routier ne sont pas toujours très strictes en matière de respect de législation
du travail et que les taxes sur le carburant ne paient pas l’usure des chaussées
(l’usure occasionnée par un camion est sans commune mesure avec celle causée
par une voiture), pas plus que les dégâts environnementaux.
La
concurrence Rail - Route est donc faussée dès le départ. Et l’avenir
n’incite pas à l’optimisme(à court et moyen terme) car la SNCF a surtout
le souci d’équilibrer ses comptes en réduisant les pertes de sa branche Fret.
Par
ailleurs le Plan Climat (sic) du Gouvernement ne mentionne rien au sujet du
transport routier alors que celui-ci est le principal responsable de la
pollution.
Seule
une politique très volontariste redonnant à la SNCF un statut de véritable
service public et imposant une prise en compte de tous les facteurs actuellement
oubliés tels que l’impact du transport routier sur l’environnement et les
infrastructures, les conséquences sur la santé de la population, pourrait
inverser la tendance vers « un scénario catastrophe »
Autant
dire que ces conditions ne sont pas réunies et qu’on ne prend pas le chemin
pour qu’elles le soient.
Source
« roulez camions » de Philippe Laville dans la revue « Pondération »,
Bulletin N°61 de la Ligue Contre la Violence Routière.
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