Un
accident piétonnier
Récemment, l’un de nos amis piétons s’est vu renversé
sur un passage pour piétons par une automobile roulant vraisemblablement à
vive allure. Nous profitons de cette « Lettre » pour vous conter
cette aventure et vous donner quelques conseils sur la conduite à tenir en de
telles circonstances.
Notre ami rentrait donc d’une consultation effectuée dans le cadre de
son travail et venait tout juste de garer son véhicule lorsqu’il fut percuté
par une automobile alors qu’il se trouvait sur le passage dit « protégé ».
Sous la violence du choc il fut projeté en l’air et se retrouva sur le capot,
sa tête allant heurter le pare – brise. Il tomba alors dans le coma et ne se
réveilla qu’aux urgences de l’hôpital Pellegrin. Après examen, il s’avéra
que notre ami n’avait pas de traumatisme crânien et qu’il s’en tirait
avec quatre cotes cassées et un épanchement sanguin pulmonaire. Il resta près
de huit jours à l’hôpital et il est maintenant en phase de consolidation en
attente de sa guérison complète et du traitement de son dossier en vue du
versement de ses indemnisations. Notre ami ne se rappelle absolument de rien ;
ceci est très fréquent lorsqu’il y a coma initial ; comme une grande
majorité d’accidentés, il ignorait totalement les précautions à prendre
ainsi que les diverses démarches à entreprendre. Le traumatisme résultant à
la fois du choc et de l’accident par lui même a fait que notre ami était
littéralement déboussolé durant les quinze jours qui suivirent son accident.
Les conséquences de cet accident auraient pu évidemment être beaucoup plus
graves, toutefois, celui-ci constitue un véritable cas d’école en matière
de conduite à tenir en de telles circonstances. Notre ami a eu la chance de
connaître un autre ami piéton qui a pu immédiatement le soutenir et
l’aider. Voici
en quelques lignes l’essentiel de ce qu’il faut faire ou ne pas oublier :
Chaque accident a sa particularité, toutefois, certaines règles
sont communes à tous.
- Lorsqu’il y a dommages corporels, un procès verbal doit être
établi par la police ou la gendarmerie. Il faut donc s’assurer du bon établissement
de celui-ci, s’assurer de même que toutes les personnes concernées ont été
entendues, notamment les témoins éventuels et au besoin faire un appel
à témoin. Parfois, il peut être utile de prendre des photos. Pour
exemple, notre ami ayant été ramassé en dehors du passage protégé, le
conducteur du véhicule affirmait dans sa déposition, que la victime se
trouvait en dehors du passage au moment du choc….pas de chance puisque deux témoins
affirmaient le contraire ! A noter
qu’un tel comportement de la part du conducteur est assez fréquent…..
- Il
faut s’assurer qu’un certificat initial ait bien été établi par le service
hospitalier des urgences. Ce certificat doit être exhaustif et prendre en
compte la moindre égratignure.
Le certificat initial et le procès-verbal constituent les
documents essentiels de base de la procédure. De même en sortie d’hôpital,
un certificat doit faire état des jours d’ITT
( Incapacité Totale Temporaire )
Il faut contacter son assurance et déclarer objectivement
les faits ; se constituer un dossier contenant tous les documents originaux
dont il ne faut pas se séparer ( ne transmettre que des photos copies).
Selon la gravité des dommages corporels il peut être
envisagé de porter plainte. A cet égard, les circonstances de l’accident
sont également à prendre en considération. La plainte engage une procédure
judiciaire et écarte donc un règlement direct avec les compagnies
d’assurance. A noter que depuis la loi
du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, les assurances sont tenues
d’indemniser tout accident corporel entre véhicules
et piétons, quelque soit la faute du piéton, hors attitude suicidaire ;
la compagnie adverse dispose de trois mois pour proposer une indemnisation . En
conséquence, les plaintes relevant d’accidents piétonniers sont souvent
rejetés par les tribunaux.
- La
consolidation sera prononcée par un
médecin expert désigné par l’assurance adverse. La loi autorise la
victime de se faire accompagnée lors de cette consultation, par le
médecin expert de son choix…..ce qu’elle a tout intérêt à faire.
Lors de cette consultation, les éventuelles séquelles seront à prendre en
considération et pourront faire l’objet d’une
IPP (incapacité partielle permanente)
Voilà
pour l’essentiel. Si par malheur, vous-même ou un de vos proches étaient
victimes d’un accident, nous
vous conseillons de relire ces quelques lignes ou mieux encore, de vous adresser
à notre association qui vous orientera utilement vers un conseiller.
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