Le
péage urbain de Londres
A
l’instar de Singapour et Melbourne, Londres vient de se doter d’un système
de péage urbain qui a été mis en service le 17 février 2003.
L’objectif
est de réduire la densité de la circulation automobile dans la zone de 10 à
15 % et les encombrements de 20 à 30 %, d’augmenter la vitesse et la
régularité des autobus donc d’inciter les Londoniens à utiliser ces
transports publics devenus plus efficaces. En effet, Londres était la ville la
plus embouteillée de Grande Bretagne. A l’heure de pointe, il entrait 40 000
véhicules par heure dans la zone maintenant concernée par le péage et les
conducteurs passaient la moitié du temps de trajet dans les
embouteillages.
La
zone concernée par le péage urbain
Elle
se situe à l’intérieur de la première ceinture de routes – l’Immer Ring
Road, et inclut les quartiers d’affaire (la City), des quartiers commerçants,
le Parlement, les ministères, les quartiers des théâtres et quelques zones
résidentielles (40 000 foyers s’y trouvent). C’est le cœur même de
Londres. Cette zone couvre 21 km2, soit 1.3% des 1 579 km2 de cette
agglomération, qui est bien plus étendue que Paris.
Comment cela marche-t-il ?
Le
péage s’applique du lundi au vendredi, de 7h à 18h30. il en coûte 5 ₤
(8.5 euros) avec des modalités de paiement dont il sera parlé plus loin.
Il
ne s’agit pas d’un péage à guichet, mais d’un péage électronique qui n’entrave
en rien le flux de la circulation et qui repose sur un système très
sophistiqué de caméras optiques. Lorsqu’un véhicule entre dans la zone, un
des 203 caméras lit sa plaque d’immatriculation, l’entre dans une base de
données, ce qui permet de vérifier si le péage – qui se paye à l’avance
– a été acquitté. Si oui, le numéro d’immatriculation est effacé, sinon
il est enregistré et le conducteur a un certain délai pour se mettre en
règle.
Outre
les caméras fixes, des caméras mobiles patrouillent la zone.
Une
fois à l’intérieur de la zone, le conducteur peut ressortir, y entrer de
nouveau, s’y déplacer tant qu’il veut dans la journée.
Comment
paie-t-on ?
Normalement,
on doit payer à l’avance pour la journée. On peut payer :
- par téléphone (numéro spécial)
- par Internet
- Par portable. Une fois qu’on est enregistré, il suffit d’envoyer un code
de 4 chiffres par texto
- chez les détaillants habilités (maisons de la presse, station-services)
signalés par un logo spécial
- par courrier, en utilisant un formulaire.
On
peut payer à la journée, pour plusieurs jours, au mois ou à l’année.
Il
y a des exemptions pour les deux roues, les taxis, les bus, les ambulances et
véhicules sanitaires, les pompiers et véhicules de service, les véhicules
transportant des handicapés. Les véhicules utilisant des combustibles non
polluants, seuls ou en combinaison avec essence ou diesel, peuvent demander à
être exemptés, selon des critères bien définis.
Quant
à ceux qui résident à l’intérieur de la zone, ils ont 90 % de réduction
lorsqu’ils s’y déplacent.
On
doit payer avant 10h du matin. Si on paye entre 10h et minuit, cela vous coûte
10 ₤, soit le double. Si on n’a pas payé à minuit, on sera passible d’une
contravention de 80 ₤, qui est réduite à 40 ₤ si on s’acquitte
en moins de quinze jours.
Si
on ne paye pas les amendes, gare au sabot de Denver ou à l’enlèvement !
Le
bilan provisoire
Selon
le communiqué officiel du Ministère des Transports (daté du 20 mai), les
résultats sont « très encourageants » :
a
l’intérieur de la zone, la vitesse de circulation est passée de 15 à 18
km/h
il
y a une réduction de 20 % du flot de véhicules entrant dans la zone
en
ce qui concerne les autobus, dont le nombre avait été augmenté, ils
enregistrent une hausse de 14 % du nombre de leurs passagers
le
temps d’attente des voyageurs a été réduit d’un tiers
la
durée moyenne du trajet des autobus est tombée 46 minutes à 46.
Donc
les autorités estiment que le but premier, décongestionner le centre de
Londres, a été atteint.
Un
journal, opposé au système ( Evening Standard) se fait l’écho d’effets
pervers :
baisse
du chiffre d’affaire des commerçants dans la zone, surtout des chaînes qui
ont des magasins ailleurs (Conran Shop, John Lewis). La fermeture pendant
plusieurs semaines d’une ligne de métro desservant la zone rend toutefois
difficile l’appréciation de cet effet.
Les
petits malins garent dans des zones immédiatement voisines pour éviter de
payer, au grand dam des résidents qui ne trouvent plus de places … On
envisage des zones dissuasives pour parer à cela.
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